
2026 sera l’année de l’utilité pour les actifs numériques
2 min de lecture
- Bitcoin
- Ethereum
- Altcoins
Comme nous l’avions anticipé il y a un an, 2025 s’est révélée être une année exceptionnelle pour les actifs numériques, avec le Bitcoin atteignant un nouveau record historique et les cryptomonnaies de nouveau évoquées quotidiennement par les institutions et les médias, dans un contexte bien plus favorable qu’il y a deux ans. Le marché n’a toutefois pas évolué de manière linéaire. La volatilité récente et les liquidations périodiques rappellent qu’il s’agit encore d’une classe d’actifs jeune. Mais il serait regrettable de ne pas reconnaître le chemin parcouru par l’industrie.
Après des années de construction soutenue, les fondations apparaissent plus solides que jamais. Les actifs numériques n’évoluent plus en marge de l’économie traditionnelle. Ils s’y intègrent de plus en plus, renforçant les infrastructures financières existantes plutôt que de chercher simplement à les remplacer.
Les avancées de 2025 ont été déterminantes, tant sur le plan technologique que de l’adoption. L’industrie a dépassé ses réflexes les plus spéculatifs. Les principaux protocoles montent désormais en puissance pour offrir une utilité concrète, et les projets qui retiennent l’attention sont ceux qui répondent à des problématiques tangibles. Les intégrations de Chainlink avec des fournisseurs d’indices de référence établis en disent plus sur la trajectoire de ce marché que n’importe quel cycle de mèmes. L’essor de marchés de prédiction tels que Polymarket et Kalshi montre que des applications grand public ont émergé, non plus comme des expérimentations, mais comme des produits présentant une adéquation plus claire avec le marché. Et aux États-Unis, les ETF spot, en particulier sur le Bitcoin, commencent à atteindre un niveau d’adoption grand public capable de faire évoluer les perceptions, discrètement, par la familiarité, plutôt que par l’effet d’annonce.
Que nous réserve la suite ?
Beaucoup s’attendent à un catalyseur macroéconomique explicite en 2026, notamment une nouvelle impulsion de liquidité de la part de la Réserve fédérale. Cela pourrait se produire, mais le récit le plus important reste celui de l’adoption. Un système financier ne se transforme pas parce que les prix évoluent. Il se transforme lorsque des produits deviennent utiles à grande échelle. En 2026, nous pensons que cette transition deviendra visible dans la finance du quotidien. Des produits d’épargne de détail distribués via des applications pourraient commencer à concurrencer directement les dépôts bancaires traditionnels. Les sociétés de paiement, les fintechs et les banques elles-mêmes développeront les services de règlement, de conservation et de négociation en stablecoins. Ces évolutions peuvent sembler progressives, mais elles sont structurelles. Une fois intégrées, elles se renversent difficilement.
Dans cet environnement, les gagnants ne seront pas définis uniquement par le récit. Ils le seront par leur fonction économique. Le Bitcoin continue de consolider son rôle d’actif mondial non souverain. Les stablecoins deviennent des infrastructures de règlement pour une économie plus numérique et plus internationale. Les produits financiers tokenisés commencent à passer de programmes pilotes à de véritables émissions. À mesure que ces infrastructures arrivent à maturité, la finance décentralisée apparaîtra de moins en moins comme une alternative et de plus en plus comme ce qu’elle est en train de devenir : la finance, reposant sur une technologie différente.
Cette transition a été soutenue par des avancées réglementaires significatives, en particulier aux États-Unis, où des initiatives législatives récentes ont commencé à clarifier le cadre applicable aux stablecoins, aux actifs tokenisés et aux infrastructures de marché. Pour l’Europe, l’opportunité est évidente. Un cadre réglementaire stable et pragmatique, appliqué de manière cohérente, peut attirer des institutions de premier plan et des capitaux de long terme. L’objectif ne devrait pas être de freiner l’innovation par l’incertitude, mais de la rendre suffisamment sûre pour permettre son passage à l’échelle.
Chaque cycle de ce marché a donné naissance à des micro-bulles, et le prochain n’y fera pas exception. Certains thèmes attireront plus de capitaux qu’ils ne le méritent en définitive. Certains projets ne survivront pas à l’épreuve de la réalité. C’est normal sur un territoire en évolution rapide. Mais la direction prise ne fait plus de doute. Le marché s’oriente vers l’utilité, les flux de trésorerie et l’intégration. Si 2025 a été l’année du retour en grâce, 2026 semble appelée à être celle de la consolidation dans l’économie réelle.

