Image Qu’est-ce que la tokenisation ? Transformer des actifs du monde réel en actifs numériques

Qu’est-ce que la tokenisation ? Transformer des actifs du monde réel en actifs numériques

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Imaginez posséder une fraction d’un tableau de Picasso ou une part d’un gratte-ciel dominant l’horizon new-yorkais. Pour la plupart d’entre nous, cela relève du rêve. Pourtant, la tokenisation – le processus qui consiste à convertir des actifs du monde réel (real-world assets, ou RWAs) en jetons cryptographiques – pourrait ouvrir l’accès à un large éventail de classes d’actifs jusque-là réservées aux professionnels. L’enthousiasme est d’autant plus fort que la taille potentielle du marché est considérable, avec des estimations allant de 4 000 milliards de dollars selon l’approche prudente de McKinsey à 30 000 milliards de dollars selon les prévisions plus optimistes de Standard Chartered. Cet article fait le point au-delà du battage médiatique.

La tokenisation en termes simples

Malgré l’engouement qu’elle suscite, la tokenisation n’est pas un concept entièrement nouveau. En finance traditionnelle, les certificats d’actions représentent le nombre de titres détenus dans une entreprise, tandis que les fonds communs de placement émettent des parts pour leurs investisseurs. Les jetons numériques modernisent toutefois ces mécanismes existants, comme nous l’expliquons ci-dessous, tout en conférant les mêmes droits :

  • la propriété de l’actif ;

  • le droit de percevoir les revenus associés, comme les dividendes, et de participer aux opérations sur titres ;

  • des droits contractuels, y compris une part des actifs d’une entreprise après le règlement de ses dettes et obligations.

Les actifs financiers constituent aujourd’hui la catégorie la plus couramment tokenisée, car les émetteurs cherchent à rationaliser leurs opérations en réduisant le nombre d’intermédiaires impliqués dans une transaction et à tirer parti de nouvelles sources de revenus offertes par des produits innovants. Plusieurs des plus grands gestionnaires d’actifs ont lancé des projets pilotes : BlackRock, Franklin Templeton, Janus Henderson et Fidelity ont tokenisé des bons du Trésor américain et conditionné ces jetons au sein de fonds (même si seuls quelques-uns sont actuellement accessibles aux investisseurs particuliers).

L’immobilier est également considéré comme particulièrement adapté à la tokenisation, en raison de la valeur élevée et de la faible liquidité des actifs sous-jacents.

Tokenisation how does it work

Pourquoi la tokenisation est importante

Accessibilité

La tokenisation démocratise l’accès à des produits d’investissement de qualité institutionnelle. Les fonds monétaires, traditionnellement réservés aux grandes institutions, sont désormais tokenisés et rendus accessibles à un éventail plus large d’investisseurs. Le fonds BUIDL de BlackRock (USD Institutional Digital Liquidity Fund), lancé en 2024 sur Ethereum, permet aux investisseurs qualifiés d’accéder on-chain aux rendements des bons du Trésor américain. En Europe, Spiko propose des fonds monétaires tokenisés adossés à des titres souverains à court terme, apportant des outils de gestion de trésorerie institutionnels aux petits investisseurs et aux entreprises.

Liquidité

Les fonds tokenisés peuvent être réglés en quelques minutes, plutôt que selon les cycles de règlement T+1 ou T+2 de la finance traditionnelle. Cet aspect est essentiel pour la gestion de trésorerie : les entreprises détenant des fonds monétaires tokenisés peuvent accéder à la liquidité presque instantanément, sans attendre plusieurs jours. Le fonctionnement 24h/24 et 7j/7 de la blockchain signifie également que les rachats ne sont pas limités aux heures d’ouverture des banques. Pour les actifs réels tels que l’immobilier ou le crédit privé, la tokenisation crée une liquidité sur les marchés secondaires là où elle n’existait pas auparavant.

Sécurité et automatisation

Les blockchains offrent un registre de propriété immuable, réduisant les erreurs de rapprochement et les risques de fraude. Les smart contracts automatisent la distribution des dividendes, les opérations sur titres et les contrôles de conformité, ce qui réduit les coûts opérationnels et élimine les frais d’intermédiation. Selon une étude de Calastone publiée en 2025 auprès de 26 gestionnaires d’actifs mondiaux, la tokenisation pourrait réduire les coûts d’exploitation globaux des fonds de 23 %, avec des économies encore plus importantes dans certaines fonctions comme la comptabilité des fonds (30 %) et la tenue du registre des porteurs (25 %).

Les risques et défis de la tokenisation

Si la tokenisation a le potentiel de bouleverser en profondeur les marchés financiers traditionnels, il est essentiel d’en comprendre les risques avant d’investir.

Le premier concerne l’hétérogénéité et l’évolution constante des cadres réglementaires applicables aux RWAs tokenisés. Les règles varient selon les juridictions et les types d’actifs, ce qui oblige les plateformes à fonctionner différemment selon le pays de résidence de leurs utilisateurs.

Les risques technologiques constituent un autre facteur à prendre en compte. Les contrats intelligents peuvent comporter des vulnérabilités que des hackers exploitent pour détourner des fonds ou manipuler les flux de données – appelés oracles – qui relient les blockchains à des informations du monde réel, comme les prix des actifs. Les réseaux peuvent également subir des interruptions.

Vient ensuite le risque de liquidité. Même si les jetons représentant une propriété fractionnée sont plus faciles à échanger que les actifs sous-jacents illiquides, ils nécessitent toujours une demande suffisante. En cas d’absence d’acheteurs ou de chute des marchés crypto, il peut s’avérer difficile de vendre rapidement un jeton ou à un prix équitable.

L’avenir de la tokenisation

En créant un pont entre la finance traditionnelle et la blockchain, la tokenisation pourrait contribuer à démocratiser l’investissement, accroître la liquidité et renforcer la sécurité de la détention d’actifs. Soutenue par les acteurs de Wall Street, elle est perçue par certains comme l’une des applications les plus prometteuses de cette technologie.

Si la réglementation, l’interopérabilité et les solutions de conservation évoluent de concert, la tokenisation pourrait devenir la couche d’infrastructure financière de la prochaine décennie. Plutôt que de remplacer les banques ou les gestionnaires d’actifs, elle pourrait les inciter à adopter des rails blockchain pour le règlement-livraison, la tenue des registres et l’automatisation de la conformité. Les gagnants seront probablement ceux qui sauront faire le lien entre ces deux univers, en combinant crédibilité réglementaire et efficacité technologique. Pour les investisseurs, la question clé n’est pas de savoir si la tokenisation va se généraliser, mais à quelle vitesse elle deviendra invisible, intégrée de manière fluide aux produits financiers du quotidien.

Comment s’exposer à la tokenisation

La tokenisation repose sur des blockchains à smart contracts. Ethereum domine largement cet espace : le fonds BUIDL de BlackRock, l’OnChain US Government Money Fund de Franklin Templeton et les fonds monétaires tokenisés de Spiko opèrent tous sur le réseau Ethereum. D’autres plateformes telles que Solana, Polygon, Avalanche, Hyperliquid et Stellar hébergent également des actifs tokenisés, mais Ethereum demeure la principale couche d’infrastructure pour la tokenisation institutionnelle.

Cela crée un lien direct entre la croissance de la tokenisation et l’adoption des plateformes de smart contracts. À mesure que davantage d’actifs sont transférés on-chain, ces réseaux traitent plus de transactions, génèrent davantage de frais et, dans le cas d’Ethereum, brûlent plus d’ETH via son mécanisme de frais. Le succès de la tokenisation constitue, à bien des égards, un pari sur l’infrastructure blockchain sous-jacente.

La tokenisation en est encore à ses débuts. Toutefois, si la trajectoire se poursuit et que des milliers de milliards de dollars d’actifs traditionnels migrent progressivement on-chain, les blockchains qui assurent le règlement de ces transactions devraient en bénéficier de la manière la plus directe.

Ecrit par
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CoinShares
Publié le18 Fév 2026

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