Image Comprendre Canton Network et ses enjeux

Comprendre Canton Network et ses enjeux

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Les marchés financiers sont soumis à des contraintes concrètes : les stratégies de trading ne peuvent être divulguées, les capitaux ne circulent pas librement entre les pays, la liquidity est encadrée par la réglementation et les transactions non confirmées engendrent un réel risque financier.

Or, les premières conceptions de blockchain ne tenaient pas compte de ces réalités. Ainsi, tandis que les blockchains publiques permettaient un règlement rapide et proposaient une infrastructure partagée, elles exigeaient une transparence totale, exposant ainsi des activités et des positions sensibles. Quant aux systèmes blockchain privés, s’ils protégeaient la confidentialité, ils le faisaient en isolant les participants dans des réseaux distincts, au détriment de la coordination et en recréant une infrastructure de marché fragmentée.

Porteur d’une solution, chaque modèle introduisait une nouvelle difficulté.

En quoi une coordination sans exposition est-elle nécessaire aux marchés institutionnels ?

Si les actifs doivent pouvoir circuler librement entre les entreprises et les systèmes, seules les parties directement concernées doivent pouvoir accéder aux informations sensibles. Or, les modèles blockchain existants imposaient de choisir entre ces deux impératifs.

C’est là qu’est intervenu Canton Network.

Annoncé en mai 2023, Canton Network (CC) permet une coordination partagée sans imposer de visibilité partagée. Les institutions peuvent ainsi effectuer des transactions et des règlements entre divers systèmes indépendants sans exposer leurs activités commerciales au-delà des parties prenantes concernées.

Il en résulte une interopérabilité concrète.

Les institutions peuvent échanger des actifs et effectuer des paiements entre applications tout en préservant la confidentialité, le respect des réglementations et le contrôle des données.

Un réseau conçu pour les institutions

Canton fonctionne comme un réseau de réseaux, connectant applications et actifs numériques à travers la finance traditionnelle, la crypto institutionnelle, l’assurance et les marchés hypothécaires, afin de permettre un échange sécurisé des valeurs, sans visibilité partagée ni contrôle centralisé.

Chaque institution opère sa propre application avec ses propres règles, limites de confidentialité et contrôles opérationnels, sans qu’aucun registre partagé n’impose une visibilité universelle.

Le règlement entre les applications étant atomique, soit les transactions s’exécutent intégralement pour l’ensemble des parties, soit elles échouent sans laisser de trace.

Le Global Synchronizer

Au cœur de Canton se trouve le Global Synchronizer, une couche de coordination décentralisée chargée d’ordonner et d’horodater les transactions entre applications indépendantes. Il importe de noter que le Global Synchronizer n’accède jamais au contenu des transactions : il observe les engagements, vérifie l’ordre des transactions et est conçu pour garantir un règlement atomique, le tout sans aucune visibilité sur les données sensibles.

Canton 17032026La gouvernance est assurée par la Global Synchronizer Foundation (GSF), une organisation indépendante à but non lucratif créée en juillet 2024 sous l’égide de la Linux Foundation.

Le MainNet de Canton a été lancé en juillet 2024. La GSF regroupe des institutions de premier plan telles que Goldman Sachs, BNP Paribas, Deutsche Börse Group, Euroclear, Moody’s Ratings, Broadridge et Tradeweb. Comptant près de 400 participants, le réseau s’appuie sur une levée de fonds stratégique de 135 millions de dollars. L’infrastructure Canton revendique la prise en charge de plus de 3 600 milliards de dollars d’actifs tokenisés1, avec des déploiements privés traitant un volume de transactions quotidien supérieur à 50 milliards de dollars.

Quant au contrôle de l’ordre des transactions, de l’accès et des politiques, il est structurellement distribué plutôt que concentré entre les mains d’un seul acteur.

Avec Daml, une confidentialité au niveau contractuel

Canton utilise Daml, un langage de smart contracts conçu pour les flux de travail impliquant plusieurs parties, où la confidentialité et les autorisations sont définies en amont. Au lieu de rendre toutes les activités visibles par défaut, la confidentialité fait office de principe fondamental.

Chaque contrat définit les parties impliquées, celles qui peuvent agir et celles qui peuvent observer le résultat. Par conséquent, les détails des transactions ne sont visibles que par les parties concernées, les autorités de régulation pouvant bénéficier d’un accès restreint en cas de besoin. Les autres participants, notamment les concurrents et les fournisseurs d’infrastructure, ne reçoivent pas les détails des transactions par défaut.

Ce modèle diffère de celui des blockchains publiques, où les transactions sont inscrites dans un registre partagé accessible à tous, ne laissant aux régulateurs qu’une vision binaire de l’activité de type « tout ou rien ».

Exemple : lorsque la Banque A effectue une transaction avec la Banque B sur une blockchain publique, le prix, le volume et l’heure de l’échange sont visibles par tout observateur. Dans le cas de Canton, seules les deux banques concernées voient les détails de la transaction, tandis qu’une autorité de régulation peut confirmer que le règlement a bien eu lieu sans avoir accès aux informations commerciales sensibles.

Règlement atomique : tout ou rien

Dans la finance traditionnelle, il arrive que les transactions échouent à mi-parcours : alors qu’une partie livre les actifs, le paiement de l’autre reste bloqué. Les actifs se retrouvant piégés dans des processus de régularisation manuels, cela engendre des problèmes majeurs et génère une incertitude au bilan.

Canton est conçu pour garantir un règlement atomique, ce qui signifie que, pour l’ensemble des parties concernées, soit les transactions s’exécutent intégralement soit elles échouent « proprement ». Il n’y a donc ni exécution partielle, ni risque de blocage d’actifs.

Ainsi, lorsqu’au même moment la Banque A échange du collatéral avec la Banque B tout en procédant à un paiement avec la Banque C, soit ces trois actions se produisent simultanément, soit elles ne se produisent pas du tout. À travers cette synchronisation, le système garantit que tout transfert de collatéral se fait en échange d’un paiement effectif, ne laissant ainsi aucune partie exposée.

Évolutivité indépendante : absence de congestion partagée

Chaque application Canton évolue de manière indépendante. Une application est un système logiciel qui gère une tâche financière spécifique telle que le règlement de transactions, la gestion de collatéral, le traitement de paiements ou l’émission d’obligations numériques. Sur de nombreuses blockchains, toutes les applications partagent la même capacité de traitement. Ainsi, une forte activité dans un secteur peut ralentir l’ensemble du réseau. Étant donné que Canton maintient les applications séparées, les pics d’activité sur un marché sont sans incidence sur les autres. En outre, les institutions peuvent augmenter leur capacité uniquement là où cela est nécessaire, sans mise à niveau ni coordination à l’échelle du réseau.

Tokenomics du Canton Coin

Le Canton Coin (CC) fait office de carburant pour le réseau. Les frais liés à la capacité de synchronisation sont libellés en dollars mais réglés en CC. Tandis que l’activité du réseau brûle des coins, l’activité des validateurs et l’utilisation des applications créent une nouvelle offre.

Pas de pré-minage, pas d’allocations réservées aux initiés : chaque coin en circulation a vocation à refléter la contribution réelle au réseau.

L’offre est conçue pour s’ajuster à la demande via un équilibre entre combustion et émission (burn-and-mint), plutôt que par un positionnement spéculatif. Plus de 450 millions de CC ont déjà été brûlés à travers la consommation réelle du réseau, ce qui, au-delà des effets d’annonce du marché, indique une utilité concrète.

Le prix du marché fluctue tandis que l’activité de règlement reste stable — un schéma courant pour les institutions qui font la distinction entre l’infrastructure opérationnelle et la valeur des actifs négociés.

Validateurs et infrastructure neutre

Canton est exploité par un groupe de validateurs issus à la fois d’institutions financières et de sociétés indépendantes, réduisant ainsi la dépendance envers un acteur unique. Comptant parmi ces validateurs, CoinShares contribue à la sécurité et à la disponibilité du réseau, sans pour autant bénéficier d’une visibilité ou d’un accès privilégié aux données de transaction.

L’exploitation d’un validateur implique une responsabilité opérationnelle plutôt qu’une autorité. Alors qu’ils contribuent au bon fonctionnement du réseau, les validateurs ne voient pas les données de transaction et ne définissent pas de politiques de manière unilatérale. Si les premières incitations du réseau étaient axées sur la stabilité, elles se sont depuis orientées vers le soutien aux fournisseurs d’applications développant des flux de travail financiers pratiques.

Les modifications et mises à jour du protocole refléteront les besoins des marchés réglementés et s’adapteront au fur et à mesure de l’adoption du réseau par les institutions.

Conclusion

Canton répond à un défi fondamental auquel sont confrontés les marchés financiers : permettre la coordination des systèmes sans exposer plus de données que nécessaire. Ainsi, ce réseau associe une infrastructure partagée à une visibilité contrôlée, un règlement prévisible et une gouvernance distribuée.

À mesure que davantage d’institutions, de validateurs et d’applications adoptent le réseau, Canton passe de la phase de conception et de test à une utilisation au quotidien. Sans chercher à contourner ou à remplacer la réglementation existante, il s’inscrit au contraire dans des cadres établis. Ce faisant, il vise à fournir une infrastructure pratique destinée à la finance tokenisée, axée sur la fiabilité, la discrétion et la neutralité plutôt que sur la spéculation.


1https://www.canton.network/canton-network-press-releases/proof-group-launches-first-ever-canton-block-explorer

Publié leMar 17th, 2026

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